EN 25 QUESTIONS

Les évangéliques sont en pleine expansion, dans le monde comme en France. Ces Églises, dont les racines historiques remontent à la Réforme du 16ème siècle, sont parfois perçues comme un nouveau mouvement religieux. Sans doute en raison de l’augmentation récente et spectaculaire du nombre de leurs implantations locales. La moitié des 2 000 Églises protestantes évangéliques de France métropolitaine a été créée au cours des trente dernières années. Pourtant des Églises de ce type existent depuis plusieurs siècles en France.

1 Églises évangéliques ou évangélistes ?

Malgré un contresens courant, évangéliste n’est pas synonyme d’évangélique. Il ne faut donc pas confondre ces deux termes. L’adjectif évangélique renvoie à l’Évangile. Il désigne certaines Églises et chrétiens rattachés au protestantisme. Évangélique, longtemps considéré comme synonyme de protestant, identifie aujourd’hui un courant particulier du protestantisme.

L’expression évangéliste désigne les auteurs des quatre évangiles (Mathieu, Marc, Luc et Jean), il qualifie également une personne qui expose, prêche le message de l’Évangile principalement en direction de ceux qui ne le connaissent pas.

2 Les évangéliques font-ils partie du protestantisme ?

Les évangéliques adhèrent pleinement aux principes théologiques de la Réforme protestante du XVIe siècle initiée par Martin Luther, Jean Calvin et d’autres… Aujourd’hui, ils restent fidèles à ses fondements : la foi seule, la grâce seule, la Bible seule.

Ils se reconnaissent volontiers héritiers de la Réforme dite radicale ou anabaptiste-mennonite qui a développé, à la même époque, une conception de l’Église séparée de l’État et a invité les hommes à un engagement de foi personnel.

Si la plupart des Églises évangéliques se nomment Église protestante évangélique c’est pour bien marquer leur lien et leur attachement à l’identité protestante historique. Cette appellation tient compte du passé tout en facilitant la distinction entre les Églises évangéliques et les autres Églises protestantes comme les Églises réformées ou luthériennes.

3 Que croient les évangéliques ?

La foi, plus que toute considération historique, sociologique, etc. constitue leur patrimoine génétique commun. Même si les évangéliques sont répartis dans plusieurs organisations et se présentent sous différentes dénominations, ils ont en commun un grand nombre de convictions essentielles fondées sur la Bible.

Cette foi évangélique n’est pas une innovation récente. Elle remonte aux origines du christianisme, lui-même issu de l’enseignement de Jésus de Nazareth. Aujourd’hui, les évangéliques s’efforcent de revenir toujours aux sources de l’Évangile originel afin de le mettre en pratique. Ils pourraient faire leurs ces mots du Réformateur Martin Luther, il y a cinq siècles : « Nous n’enseignons pas des choses nouvelles, mais nous répétons et réaffirmons les vérités anciennes, celles que les apôtres et les docteurs pieux ont enseignées avant nous ». Les évangéliques n’ont pas d’autre aspiration que de s’attacher pleinement à l’enseignement de Jésus-Christ.

4 Quelles sont les caractéristiques de la foi évangélique ?

Celle-ci se résume en trois points principaux, partagés par l’ensemble des protestants évangéliques :

 

Le caractère normatif de la Bible. Elle est la référence de la foi évangélique. Elle est la parole de Dieu, révélée aux auteurs humains par le Saint-Esprit, considérée normative sur le plan théologique et pratique.

 

L’importance d’une conversion personnelle. On ne naît pas évangélique, on le devient par choix personnel et engagement individuel. C’est par une conversion individuelle et délibérée à Jésus-Christ que l’on devient véritablement chrétien. C’est l’idée d’une nouvelle naissance par un acte libre de foi.

C’est ce qui explique l’importance généralement accordée au baptême d’adulte. Celui-ci est l’expression publique d’une foi vécue et assumée, à l’opposé d’une simple tradition.

 

L’universalité du message de l’Évangile et l’importance, pour les chrétiens évangéliques, de le faire connaître autour d’eux dans le respect de la liberté de chacun. Tout le monde devrait avoir l’occasion de connaître le message de l’Évangile afin de pouvoir choisir ou non le salut offert par Jésus-Christ. Cela devrait faire partie des droits fondamentaux, quelles que soient la nationalité, la culture ou la religion d’origine. Chaque évangélique entend donc répandre l’Évangile autour de lui.

S’ajoutent d’autres éléments importants : la place centrale attribuée à la mort de Jésus-Christ sur la croix pour expier les péchés des hommes et à sa résurrection, ainsi que la ferveur de la spiritualité.

Les évangéliques partagent un sentiment d’appartenance commune. Tous se définissent comme chrétiens évangéliques ou protestants évangéliques au-delà de leur Église locale, des différentes étiquettes ou dénominations.

5 Prennent-ils la Bible au pied de la lettre ?

Les évangéliques qui ont la Bible pour norme, ne considèrent cependant pas que tout texte biblique doit être interprété de manière littérale stricte. Un texte poétique ne sera pas lu de la même façon qu’un texte historique. Autre exemple, la Bible, qui n’est pas un livre scientifique, débute par un récit de la création et affirme à de très nombreuses reprises que Dieu est le Créateur de l’univers. Or, si tous les chrétiens évangéliques reconnaissent que Dieu est le Créateur, ils ne pensent cependant pas tous que la terre a été créée en 6 jours de vingt-quatre heures. Les évangéliques s’attachent avant tout aux enseignements importants confirmés par la Bible dans son ensemble. Ils reconnaissent que des affirmations plus isolées, et donc de moindre importance, peuvent être interprétées différemment.

6 Pensent-ils être les seuls à détenir la vérité ?

Les évangéliques n’ont pas le monopole de la vérité et ils le savent. Cependant, ils croient à l’existence d’une vérité unique et absolue, celle de Jésus-Christ qui, parlant de lui-même dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi »[1] La vérité ne peut être la propriété d’aucune Église ni d’aucun groupe humain. Il s’agit de suivre le Christ qui est venu révéler Dieu le Père.

7 Chaque groupe croit-il ce qu'il veut ?

La Bible est source unique d’autorité et norme, constitue une caractéristique essentielle de la foi protestante évangélique, pour tous. L’autorité de la Bible s’exerce dans le domaine de la foi et s’étend à tous les aspects de la vie : morale personnelle, choix éthiques, valeurs.

La Bible occupe une place prépondérante dans la spiritualité évangélique. C’est elle qui nourrit la foi des croyants. La lecture publique durant le culte, l’étude personnelle et collective de la Bible sont des éléments essentiels .

Cette fidélité aux principes bibliques permet de distinguer les Églises évangéliques d’autres groupements qui se nomment abusivement évangéliques sans appartenir au protestantisme évangélique. Lorsque dans un groupe la parole du pasteur-gourou compte plus que la Bible, que le marketing remplace la simplicité évangélique, que le credo s’éloigne de l’humble exemple du Christ et promet à tous richesse et santé… il ne s’agit pas d’une Église protestante évangélique.

8 Comment devient-on chrétien évangélique?

La prééminence du rôle de Jésus-Christ est liée à la doctrine de la conversion personnelle. Cette expérience spirituelle, religieuse, fondamentale qui implique un changement profond, est une véritable nouvelle naissance. L’expression est empruntée à Jésus lui-même dans l’Évangile[2]. Elle évoque la transformation spirituelle intérieure vécue par celui qui place sa confiance en Dieu le Créateur et choisit de prendre au sérieux et d’appliquer dans sa vie l’enseignement du Christ. C’est ainsi que l’on devient chrétien… évangélique.

L’individu reconnaît Jésus-Christ comme son sauveur, mort pour ses péchés et ressuscité pour son salut. Cette étape s’accompagne de la repentance (regret du mal commis) et d’un choix d’obéissance (suivre Jésus), engendrant une reconfiguration globale de la vie du converti. Cette conversion est toujours une décision libre et personnelle. C’est pourquoi les évangéliques sont attachés à la notion de liberté de conscience et de liberté d’expression de la foi.

Sauf quelques exceptions, ils manifestent leur foi par le baptême reçu à l’âge adulte au sein d’une Église locale. Ils ne baptisent pas leurs enfants afin de préserver leur liberté de choix lorsqu’ils seront capables de décider par eux-mêmes.

9 Les évangéliques, qui osent parler de péché au XXIe siècle, sont-ils culpabilisateurs ?

Beaucoup, dans notre société, souffrent d’une profonde culpabilité. La nier ou la refouler n’est d’aucun secours. L’Évangile repose sur l’offre de Dieu d’un pardon gratuit accordé à qui se reconnaît pécheur. Le message évangélique, exigeant par nature, est en réalité libérateur. De nombreux évangéliques témoignent de la joie d’avoir été pardonnés et déchargés de toute culpabilité. Ainsi le christianisme authentique implique la reconnaissance de son péché et l’acceptation du pardon de Dieu en Jésus-Christ. Éléments qui constituent à leurs yeux la clef de voûte de l’histoire du Salut.

Les évangéliques aiment la vie d’autant plus qu’elle est pour eux un don de Dieu. La fête est au cœur de l’Évangile. La Bible parle, pour décrire les évènements de la fin des temps, d’un gigantesque banquet nuptial ! Souvent le public est attiré par la qualité de l’accueil, la chaleur et la convivialité des Églises protestantes évangéliques.

10 Sont-ils tolérants envers les autres religions ?

Contrairement à une idée reçue, une conviction religieuse forte ne conduit pas nécessairement à l’intolérance. Les évangéliques souhaitent témoigner de leur foi , en suivant l’enseignement et l’exemple du Christ qui les enjoint à « aimer son prochain comme soi-même »[3]. Cette volonté de l’amour induit le respect de l’autre, de ses convictions, exclut toute violence et ne laisse pas de place au fanatisme. Ils n’ont nullement l’intention d’imposer leurs croyances à autrui.

11 Les évangéliques sont-ils des fondamentalistes ?

Si fondamentaliste est compris comme intégriste, ce n’est pas le cas. Toute conviction forte, qu’elle soit morale, politique ou spirituelle, a nécessairement ses fondements. Les évangéliques tirent leurs valeurs de la Bible et ont le désir de mettre en pratique l’enseignement de Jésus-Christ, tel que chacun peut le découvrir dans les Évangiles.

Sont-ils donc conservateurs ? La réponse dépend du contexte sociétal en général et du thème abordé en particulier. Les Églises protestantes évangéliques maintiennent des positions de morale personnelle fermes dans leur principe : le mariage réservé aux couples hétérosexuels, la protection de la vie de son commencement jusqu’à la mort naturelle. En même temps ils accueillent chaque être humain dans sa situation singulière.

Les évangéliques puisent également dans le message de la Bible, des valeurs d’une incontestable modernité. Le respect de l’homme considéré comme créature de Dieu, , quelle que soit son origine, a pour eux des implications concrètes : actions sociales et humanitaires, lutte contre les discriminations. Ils manifestent un intérêt croissant pour les questions liées à l’écologie et à une économie respectueuse de la dignité de l’homme.

12 Font-ils du prosélytisme ?

Si le mot prosélytisme est compris comme racolage, propagande religieuse massive comportant des éléments de pression et conditionnement psychologique, il s’apparente ainsi à l’intégrisme. Parfois un mouvement impose le prosélytisme comme condition, souvent exclusive, du salut. Les évangéliques rejettent et condamnent ces méthodes.

Par contre, conformément à la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l'Homme qui établit pour le croyant « le droit d'essayer de convaincre son prochain », i

Ils ont simplement à cœur, comme l’a enseigné le Christ, de partager leur découverte personnelle de l’Évangile. C'est l’évangélisation, la proclamation publique et libre de l’Évangile. Elle a pour but d’informer nos contemporains et de leur donner l’occasion d’établir une relation personnelle avec Dieu. L’évangélisation est une offre spirituelle ouverte. Elle se fonde sur la liberté de conscience de chacun. Elle s’adresse à la conviction intérieure, à la foi de chacun.

Pourquoi les évangéliques parlent-ils tant de leur foi ? Qu’est-ce qui les motive ? Par leur facilité à sortir de leurs temples et de leurs églises et leur empressement à annoncer l’Évangile, les évangéliques peuvent surprendre. Hommes et femmes de conviction, leur vie a été marquée par leur rencontre personnelle avec le Christ. Leur nouvelle relation avec Dieu donne un sens neuf à leur vie, un but à leur existence. Ils s’efforcent de calquer leur éthique personnelle sur les valeurs de l’Évangile. Ils désirent le mettre en pratique et spontanément en parlent autour d’eux. « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle ! »[4]. Quoi de plus normal ? On ne dit pas d’un écologiste qui trie ses déchets, choisit de circuler à vélo en ville, refuse d’acheter des produits empaquetés, qu’il est un fanatique parce qu’il s’efforce d’ajuster ses actes à ses convictions. Ni parce qu’il cherche à convaincre d’autres personnes d’adopter le même comportement !

13 Que pensent les évangéliques de la laïcité ?

Les membres des Églises protestantes évangéliques sont depuis l’origine attachés aux valeurs de la République comme la laïcité, comprise comme séparation institutionnelle des Églises et de l’État. Ils la conçoivent comme une laïcité ouverte plutôt qu’une laïcité-silence ou laïcité-ignorance. Ils s’inscrivent en faux contre cette compréhension simplificatrice et erronée de la laïcité qui signifierait refus de toute religion dans l’espace public. Ils participent à la vie publique comme des citoyens responsables, respectueux des autres religions, prônant une coexistence pacifique entre elles.

Naturellement à l’aise avec les principes de la loi sur les associations cultuelles de 1905 – car elle correspond à leur façon de concevoir l’Église locale : un groupe d’adhérents ayant fait un choix délibéré- ils financent eux-mêmes entièrement leurs lieux de cultes.

Ils défendent particulièrement le principe de la liberté de conscience qui a pour corollaire la liberté d’expression comme le formule par exemple La Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales qui consacre deux articles à ces questions :

Article 9-1 : Liberté de pensée, de conscience et de religion.

« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. »

Article 9-2 : Liberté de manifester sa religion ou ses convictions.

« La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »

14 Que pensent-ils de la vie après la mort et de la fin du monde ?

Les évangéliques croient à la réalité d’une vie après la mort, avec ou sans Dieu, et à la responsabilité de chacun. La vie terrestre des êtres humains revêt pour eux une grande importance, car elle est unique et déterminante pour l’au-delà. La foi en la résurrection offre une vraie espérance. La conscience de l’éternité change les perspectives de la vie.

Certaines parties de la Bible, et en particulier l’Apocalypse qui en est le dernier livre, parle de l’avenir. C’est une prophétie qui décrit le retour du Christ et le déroulement des événements de la fin des temps. De nombreuses prophéties bibliques avaient annoncé la première venue de Jésus. De nombreuses autres prédictions annoncent son retour, mais sans indication de temps. N’en déplaise aux « pseudo-prophètes » apocalyptiques dont les médias font grand cas.

Les croyants évangéliques considèrent que l’invitation biblique « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu »[5], s’adresse à tous. Ils pensent que chaque homme a le droit de savoir.

15 Comment les Églises protestantes évangéliques sont-elles organisées ?

Dès qu’elles remplissent les conditions, les Églises évangéliques locales (ou paroisses) sont en principe constituées en associations cultuelles, conformément à la loi du 9 décembre 1905. Très souvent, elles sont rattachées à une union d’Églises, leur famille spirituelle (voir encadré), elles-mêmes regroupées en fédérations (voir encadré). Aujourd’hui plus de 70% des évangéliques de France sont regroupés au sein du Conseil national des évangéliques de France (CNEF : voir encadré).

Les français sont plutôt habitués à la structure pyramidale et monolithique du catholicisme. Par comparaison, l’absence de hiérarchie affirmée, d’un clergé ou d’une structure unique surprend et parfois déroute. Les évangéliques peuvent être considérés comme une famille dont les membres partagent l’essentiel d’un patrimoine génétique. Les quelques chromosomes différents donnent naissance à des personnalités distinctes et uniques. Les évangéliques ont l’essentiel des fondements bibliques en commun. L’histoire, la compréhension variée de certains aspects théologiques et ecclésiaux secondaires, expliquent que les croyants se regroupent en diverses dénominations : baptistes, méthodistes, pentecôtistes, frères…

Localement, les Églises sont le plus souvent conduites par un pasteur et/ou un conseil pastoral composé de responsables bénévoles. Les grandes Églises disposent parfois de plusieurs pasteurs et, à l’inverse, des Églises numériquement modestes ou géographiquement dispersées se partagent un tel ministère. En France plusieurs Instituts Bibliques et Facultés de Théologie protestante évangélique forment des hommes et des femmes pour devenir pasteur ou accéder à un autre ministère spécialisé (aumônier, catéchète, missionnaire etc.).

16 Les évangéliques sont-ils d'origine américaine ?

Considérer les évangéliques comme un mouvement américain colonisant le monde est partial et inexact.

À bien observer l’histoire c’est plutôt l’inverse… Sans vouloir remonter au Moyen-Orient, en Palestine où tout a commencé avec le Christ, tout est parti du continent européen au XVIe siècle : Allemagne, Suisse, France, Pays-Bas, Angleterre. Au XVIIe siècle, des évangéliques anglais débarquent en Amérique et fondent une colonie congrégationaliste. Plus généralement, de nombreux évangéliques ont émigré en Amérique au XVIIe et XVIIIe siècle à cause du manque de liberté religieuse qui sévissait en Europe et singulièrement en France.

Plus tard des missions évangéliques partent en direction du continent africain et de l’Asie. Depuis, le mouvement évangélique a connu, sur ces continents, un développement et une évolution numérique considérables.

Reste qu’un certain nombre d’Églises évangéliques en France, comme dans d’autres parties du monde, ont été fondées avec le concours de missionnaires américains, essentiellement à partir de la Seconde Guerre mondiale.

Les évangéliques français ne dépendent d’aucune instance dirigeante située ailleurs dans le monde. S’ils entretiennent des relations internationales et favorisent des partenariats. Ils le font par fraternité chrétienne tout en veillant à leur autonomie typiquement protestante.

17 Les évangéliques sont-ils une secte ?

La MIVILUDES et les associations de lutte contre les dérives sectaires connaissent la difficulté à définir le terme de « secte ». Elles proposent plusieurs sens possibles en fonction de l'étymologie, de la sociologie, ou de la dangerosité. Selon ces critères, le protestantisme évangélique n’est pas concerné. En effet, les évangéliques possèdent deux atouts sociaux propres à les éloigner d’un fonctionnement sectaire :

  • Dans la ligne de la tradition protestante, les évangéliques accordent une place prépondérante au choix individuel. Cette attitude les tient a priori à l’écart des logiques «d’embrigadement» ou de manipulation mentale.
  • Les évangéliques sont très attachés au principe démocratique et leurs Églises fonctionnent généralement selon ce mode. Généralement, le pasteur ou les responsables sont élus par les membres de l’Église et les décisions soumises au vote des fidèles. Ce fonctionnement est à l’opposé de la domination d’un groupe par un gourou.

Cependant, aucun groupe humain n’est à l’abri de comportements de repli sur soi ou de dérives sectaires. C’est alors que le rôle d’instances nationales régulatrices comme le Conseil national des évangéliques de France ou la Fédération Protestante de France prend toute son importance.

18 Comment expliquer la croissance des évangéliques ?

On comptait environ 50 000 pratiquants réguliers en 1950. On dénombre aujourd’hui plus de 2 000 Églises locales (paroisses) en France métropolitaine regroupant 460 000 pratiquants réguliers de tous âges. Les évangéliques sont actuellement majoritaires au sein du protestantisme français en ce qui concerne le nombre de leurs implantations locales. Ils représentent les trois-quarts des pratiquants réguliers. 35 Églises locales supplémentaires sont implantées chaque année. Soit une tous les 10 jours !

Ce phénomène ne se limite pas aux grands centres urbains. Cette augmentation se vérifie un peu partout en France.

Des raisons extérieures :

  • La sécularisation de la société française depuis la deuxième moitié du XXeme siècle a provoqué le déclin des grandes Églises, la perte de repères spirituels et moraux.
  • La modernité n’a pas tenu ses promesses. L’homme d’aujourd’hui est déçu du progrès technique qui isole les individus dans des rapports de plus en plus virtuels.
  • Dans le même temps, le besoin de réponses aux questions existentielles n’a pas varié.

Des raisons propres

  • Devenir chrétien évangélique par libre choix, par conviction personnelle est une notion moderne, conforme aux aspirations de nos contemporains.
  • Chaque croyant est invité à mettre l’Évangile de Jésus-Christ en pratique dans sa vie personnelle, ce qui constitue un vrai projet de vie.
  • Les évangéliques savent allier un certain conservatisme doctrinal, des fondamentaux théologiques anciens et éprouvés avec ses points de repères et ses valeurs stables, à une flexibilité culturelle quant aux formes de l’expression de la foi et de la vie de l’Église.
  • La doctrine protestante évangélique répond à la demande d’authenticité, de respect de la personne humaine et de ses besoins dans tous les domaines de la vie.
  • Les Églises évangéliques développent une grande capacité d’adaptation : elles peuvent se réunir dans un salon, chez un particulier, ou compter plusieurs milliers de membres… et survivre dans la persécution !
  • Foi personnelle fait appel à un engagement et à la responsabilité individuelle. Ainsi les membres des Églises évangéliques participent activement à la vie de leur communauté.
  • La mise en avant des dons de l’Esprit Saint, tels que la Bible les définit dans le Nouveau Testament, encourage chaque membre à une participation active et souvent très créative ; ce qui rend la pratique du culte et des autres moments de la vie de l’Église vivants et conviviaux. Il n’y a pas ou peu de liturgie imposée, le style musical est adapté au public et à la culture environnante, les prières sont généralement spontanées.
  • L’Église telle que la conçoit la Bible est une communauté dans laquelle chacun trouve sa place : les familles, les enfants, les adolescents, les personnes seules ou âgées.

19 Les évangéliques font-ils de la politique ?

Cette question est autant liée aux spécificités politiques nationales qu’à des raisons théologiques. Aux États-Unis où plus d’un Américain sur quatre se déclare évangélique, ceux-ci jouent un rôle certain, en particulier lors des élections présidentielles.

Dans certains pays dans lesquels les évangéliques sont nombreux, en Amérique du sud ou en Afrique, leur influence est plus contrastée. Parfois l’utilité de leur apport politique et social est officiellement reconnue.

En France, la situation est plus simple. Les Églises évangéliques adhèrent depuis l’origine au principe de laïcité. Leurs statuts précisent qu’elles ne poursuivent aucun but politique. On observe un pluralisme politique effectif parmi les membres de ces Églises.

20 Où les Églises protestantes évangéliques trouvent-elles financement?

Les Églises protestantes évangéliques sont financés par leurs membres qui donnent librement, souvent régulièrement, des contributions appelés offrandes. Ces collectes, dont le montant est laissé à la libre appréciation du fidèle sont organisées de façon très variable selon les Églises Souvent réunies dans un tronc à l’occasion des rassemblements, elles servent à financer les activités, payer les pasteurs et acquérir ou louer les locaux cultuels nécessaires. Souvent les unions d’Églises et association supra-locales se dotent de mécanismes de régulation financière pour faciliter l’entraide entre Églises et entre leurs pasteurs. À entendre les observateurs, les évangéliques font globalement preuve d’une remarquable générosité.

21 Les Églises évangéliques sont-elles surtout des Églises ethniques ?

C’est l’image donnée par certains médias. Celle-ci ne correspond pas à la réalité des Églises évangéliques françaises dans leur ensemble. Selon nos estimations, environ 15% des Églises évangéliques peuvent être considérées comme des Églises  issues de l’immigration. S’il est vrai que de nombreuses communautés, composées de fidèles d’origine étrangère, ont été fondées depuis quelques années, celles-ci reflètent avant tout la réalité démographique de la banlieue de quelques grandes villes de France et pas surtout pas une spécificité théologique.

Les Églises évangéliques sont, par essence, ouvertes à tous, sans exclusivité ni restriction ethnique ou sociale… Ce qui est en accord avec la Bible qui souligne: « Maintenant, il n’y a plus de place pour les discriminations faites par les hommes. Il n’y a plus de différence entre Juif et Grec, serviteur et maître, homme et femme : toutes ces distinctions humaines tombent. Unis au Christ, vous ne faites plus qu'un » [6]

Si certaines Églises intègrent des traditions culturelles (musique, danse…) apportées par des membres d’origine étrangère, ces habitudes ne peuvent être assimilées à des signes distinctifs évangéliques.

22 Quelles sont les racines historiques des évangéliques ?

L’Église chrétienne du premier siècle était évangélique sans en avoir l’appellation. Fondée par les apôtres du Christ, il y a près de 2 000 ans, elle s’est basée sur l’enseignement de Jésus formulé dans les évangiles. Au fil des années, certaines pratiques ecclésiales étrangères au Nouveau Testament sont introduites. Constantin le Grand et ses successeurs établissent un empire romain chrétien qui facilite l’intrusion de pratiques païennes dans l’Église. Au fil des siècles, durant le Moyen Âge, des hommes et des femmes, attachés au message originel de la Bible, tentent de repousser les traditions extrabibliques. Parfois, ils appartiennent à l’Église catholique romaine et sont marginalisés et persécutés comme Pierre Valdo, Jan Hus, Jérôme Savonarole et tant d’autres.

Au XVIe siècle éclate la Réforme protestante avec Martin Luther en Allemagne, Calvin en France et Zwingli en Suisse… Elle résulte principalement d’une redécouverte de la Bible qui se propage en Europe grâce à l’imprimerie. Pour des millions d’hommes et de femmes, les Saintes Écritures redeviennent l’unique et souveraine autorité spirituelle. Au même moment, la Réforme dite anabaptiste-mennonite prend naissance parmi de jeunes intellectuels protestants à Zurich, en Suisse. Celle-ci développe une vision de l’Église séparée de l’État et invite à un engagement de foi personnel. En 1609 est créée la première Église évangélique baptiste à Amsterdam. Les Églises protestantes évangéliques d’aujourd’hui résultent de l’évolution de ces différents courants historiques.

Au XVIIe siècle, le courant évangélique se développe sous l’influence de personnalités comme Jacob Spener, de Ribeauvillé (Alsace), ou le comte Zinzendorf, fondateur de l’Église des frères Moraves. Le Réveil protestant dit « piétiste » a exercé une influence considérable sur les Églises luthériennes et réformées. Il est aussi à l’origine de nombreuses nouvelles dénominations protestantes évangéliques. Au XVIIIe siècle, John Wesley un ancien pasteur anglican qui se convertit en 1738 à Jésus-Christ, lance le Réveil dit méthodiste qui aura un impact spirituel et social considérable en Angleterre, et plus modeste, en France, en Bretagne… Si ces mouvements adoptent des noms nouveaux, ils cherchent néanmoins à valoriser les valeurs bibliques et typiquement évangéliques. Au XIXe siècle, un effort missionnaire important précédera l’apparition des Assemblées de Frères, Églises évangéliques libres et, au XXe siècle, des Églises pentecôtistes et charismatiques.

23 Pourquoi les Églises évangéliques ne sont-elles pas plus nombreuses en France comme dans d’autres parties du monde ?

À la différence d’autres pays, la France n’a pas connu de liberté religieuse avant la Révolution. Jusqu’en 1905, date de la loi dite de séparation des Églises et de l’État, établir une Église évangélique était souvent difficile. Il ne faut pas non plus oublier qu’à la suite de la révocation de l’Édit de Nantes, en 1685, la France n’a reconnu, pendant près d’un siècle, qu’une seule religion, le catholicisme. Des milliers de protestants évangéliques ont alors péri, fui en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Amérique.

Des facteurs internes ont également freiné ponctuellement leur développement : une propension au repli sur soi, un complexe de minorité, une certaine distanciation par rapport à la société et ses préoccupations.

24 Y a-t-il suffisamment d'Églises locales ou paroisses, évangéliques en France ?

Partant du principe que chaque habitant de France devrait pouvoir accéder facilement, à une distance raisonnable de son lieu de vie, à une Église évangélique, il faudrait ouvrir dans les prochaines années de nombreux lieux de cultes publics supplémentaires. Selon le Conseil national des évangéliques de France, il serait souhaitable qu’il y en ait ou moins un pour 10 000 habitants en moyenne, afin que l’offre du protestantisme évangélique soit présente en tout lieu.

De nombreux Églises proposent, outre leurs activités cultuelles, des activités sociales, d’éducation voire culturelles. Les Églises protestantes évangéliques sont des lieux ouverts à tous :pas besoin d’être soi-même évangélique pour aller à leur rencontre !

25 Quel rôle joue le Conseil National des Evangéliques de France ?

Le protestantisme évangélique français est marqué par une grande diversité. Lié à l’histoire autant qu’à des différences théologiques secondaires, ce foisonnement témoigne d’une vitalité certaine, même s’il a pu quelquefois brouiller le message.

Les responsables du protestantisme évangélique dans leur majorité ont choisi de simplifier le paysage religieux en créant en 2010 une instance capable de rassembler et de représenter la quasi-totalité de ses composantes. Ils l’ont fait par souci de cohérence, puisqu’ils sont profondément unis sur les questions essentielles.

Parce qu’il croit que l’Évangile de Jésus-Christ répond au besoin essentiel de l’homme d’aujourd’hui, le CNEF souhaite rendre plus perceptible la présence des évangéliques dans la société. Il souhaite être la voix des protestants évangéliques pour faire entendre, lorsque cela est nécessaire, une parole appropriée. Ses objectifs principaux sont :

  • Améliorer la visibilité du protestantisme évangélique ;
  • Favoriser la concertation et la collaboration entre ses membres de façon à développer leur action ;
  • Encourager l’évangélisation, la formation, l’entraide et le témoignage chrétien ;
  • Stimuler la vision de l’implantation de nouvelles Églises locales.

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Quelques protestants évangéliques célèbres :

Philipp Jacob Spener [1635 – 1705]

Alsacien, né à Ribeauvillé. Fondateur du mouvement de Réveil protestant, le piétisme. Après des études de philosophie et de théologie, il devient prédicateur à la cathédrale de Strasbourg, puis pasteur à Francfort-sur-le-Main. Il publie un grand nombre d’ouvrages théologiques, dont les Pia Desideria (1675). Il met l’accent sur la piété personnelle et l’édification des croyants. Ceux-ci ne doivent pas être chrétiens de nom seulement, mais naître de nouveau.

Henri Dunant [1828 – 1910]

Philanthrope suisse naturalisé français, membre de l’Église protestante évangélique de Genève. Fondateur de la Croix Rouge internationale. Prix Nobel de la Paix en 1901. Fondateur de l’Union chrétienne de jeunes gens et cofondateur de l’Alliance Évangélique à Genève.

William Booth [1829 – 1912]

Issu d’une famille modeste, il se rattache à l’Église méthodiste à l’âge de treize ans. Pasteur dans les quartiers pauvres de Londres en pleine révolution industrielle, il fonde en 1865 l’Armée du Salut. Pour lui, la transformation intérieure de l’homme par la puissance de l’Évangile favorise le progrès social, politique et économique. Cependant, avant de parler à quelqu’un du message biblique, il faut lui proposer des conditions de vie décentes sur Terre. C’est l’origine de la devise : Soupe, savon, salut. Sa fille aînée, Kate Booth, « la Maréchale », introduira le mouvement à Paris.

Martin Luther King [1929 – 1968]

Pasteur baptiste, militant afro-américain. Il organise et dirige des marches pour le droit de vote, la déségrégation, l’emploi des minorités et d’autres droits civiques élémentaires pour les Noirs américains. En 1964, il devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix pour sa lutte non-violente contre la ségrégation et pour la paix. Il est assassiné le 4 avril 1968 à Memphis.

 

Le protestantisme évangélique en chiffres

600 000 I Sur un total de 1 700 000 protestants en France métropolitaine, 600 000 sont des pratiquants réguliers de tout âge.

460 000 I Sur 600 000 pratiquants réguliers, 460 000 se réclament du protestantisme évangélique et 140 000 de la branche luthéro-réformée*.

3/4    I Les protestants évangéliques représentent 1/3 du protestantisme en général, mais 3/4 des pratiquants réguliers.

9       I Le nombre de protestants évangéliques a été multiplié par 9 ces soixante dernières années (en 1950 = 50 000 pratiquants réguliers).

2 300 I Il y a environ 2 300 Églises locales structurées ou paroisses – dont plus de 2 000 en France métropolitaine – ainsi qu’au moins 500 lieux de cultes épisodiques.

10     I Une nouvelle Église naît tous les 10 jours, soit environ 35 nouvelles Églises supplémentaires par an.

45     I La grande majorité des Églises locales fait partie d’une des 45 unions ou dénominations.

240   I Les protestants évangéliques dans les DOM-TOM représentent 70 000 à 100 000 pratiquants au sein d’au moins 240 Églises locales.

70 % I De toutes les Églises locales membres d’une union d’Églises, 70 % sont affiliées au CNEF.

* Les Églises protestantes réformées évangéliques sont comptabilisées côté protestantisme évangélique.

Repères chronologiques

1847 Lancement de l’Alliance évangélique française (en 2011, fusion-absorption par le CNEF).

1969 Création de la Fédération évangélique de France (Elle deviendra Réseau FEF en 2010 et transmettra ses missions officielles au CNEF en 2011).

2001 Commencement du mouvement de rassemblement de tous les protestants évangéliques qui aboutira à la création du CNEF.

2010 Le Conseil national des évangéliques de France (CNEF)

Les 10 principales unions d’Églises du CNEF en 2010

(Suivi du nombre d’Églises locales)

Assemblées de Dieu : 382

Fédération des Églises Évangéliques Baptistes : 124

Communautés et Assemblées Évangéliques de France : 99

Fédération des Églises du Plein Évangile de France : 90

Entente et Coordination des Œuvres Chrétiennes : 79

France-Mission : 55

Union Nationale des Églises Protestantes Réformées Évangéliques de France : 52

Union des Églises Évangéliques Libres : 49

Association Évangélique d’Églises Baptistes de Langue Française : 48

Communion des Églises de l’Espace Francophone : 32

Les lieux de cultes en France

Catholiques : 40 000 édifices cultuels

Protestants (réformés, luthériens et évangéliques) : 2 500 temples et salles de réunions

Musulmans : 1 685 mosquées et salles de prières (selon le Ministère de l’Intérieur)

Israélites : 82 synagogues et oratoires

Bibliographie (ou Pour aller plus loin)

Annuaire Évangélique 2010. Marpent : BLF Europe, 2010.

FATH, Sébastien. Du ghetto au réseau : Le protestantisme évangélique en France 1800-2005. Genève : Éditions Labor et Fides, 2005.

WILLAIME, Jean-Paul (dir.) et Sébastien Fath. La nouvelle France protestante : Essor et recomposition au XXIe siècle. Genève : Labor et Fides, 2011.

[1]           La Bible : Evangile selon Jean, chapitre 14 verset 6.

[2]           La Bible : Évangile selon Jean, chapitre 3, verset 3.

[3]           La Bible : Évangile selon Matthieu, chapitre 22, verset 39

[4]           Le Christ dans l’Évangile selon Luc, chapitre 6, verset 45

[5]           La Bible : Livre d’Amos, chapitre 4, verset 12

[6]           La Bible : Épitre aux Galates, chapitre 3, verset 28.

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